Imaginez la scène : vous flânez sur un marché français un samedi matin. Les étals débordent de légumes de saison, et votre regard s’arrête sur ces gros choux verts, parfaitement ronds, aux feuilles brillantes.
Vous pensez à une soupe au chou réconfortante pour l’hiver, à une salade de chou croquante façon bistro pour l’été, ou encore à un chou braisé qui embaume la cuisine.
En France, le chou est un incontournable culinaire, présent dans les potées, les garnitures, et même dans certaines spécialités régionales comme la choucroute garnie.
On lui attribue des vertus presque magiques : faible en calories, riche en fibres, “bon pour la santé”… Mais saviez-vous que, dans certains cas, ce légume si apprécié peut poser problème ?
Car si le chou est un allié nutritionnel pour beaucoup, il peut devenir un adversaire silencieux pour une partie de la population : les personnes souffrant d’hypothyroïdie.

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Comment le chou peut agir sur la thyroïde

La thyroïde est une petite glande en forme de papillon située à la base du cou, mais son rôle est immense. Elle régule la vitesse à laquelle notre corps brûle l’énergie, maintient notre température interne, influence notre rythme cardiaque et joue même un rôle dans notre humeur.
Lorsque cette glande ne produit pas assez d’hormones, on parle d’hypothyroïdie. Résultat : le métabolisme ralentit. Les symptômes les plus fréquents incluent une fatigue persistante, une prise de poids inexpliquée, une frilosité inhabituelle, une peau sèche, des cheveux qui tombent, une constipation chronique et parfois des troubles cognitifs ou de l’humeur.
Le lien avec le chou se trouve dans sa composition. Comme le brocoli, le chou de Bruxelles, le kale ou le chou-fleur, le chou contient des goitrogènes. Ces substances peuvent limiter l’absorption de l’iode, minéral indispensable à la production des hormones thyroïdiennes.
Si vous avez déjà une hypothyroïdie et que votre apport en iode est insuffisant, une consommation excessive de chou — surtout cru — peut aggraver le problème.
L’apport en iode dans l’alimentation française

En France, la situation en matière d’iode s’est améliorée avec l’usage du sel iodé, mais les habitudes changent. Beaucoup de foyers remplacent le sel de table iodé par des sels dits “naturels” (fleur de sel, sel de Guérande, sel rose) qui ne sont pas toujours enrichis en iode.
Les régimes pauvres en sel, ainsi que certaines pratiques alimentaires (végétarisme strict, véganisme, faible consommation de produits de la mer) peuvent aussi conduire à une ingestion d’iode insuffisante.
Dans ce contexte, si on ajoute à une alimentation déjà pauvre en iode une forte consommation de chou cru, le risque pour la santé thyroïdienne augmente.
Ce que dit la recherche scientifique

Une étude publiée en 2010 dans la revue Cancer Causes & Control a mis en évidence qu’une consommation élevée de légumes crucifères (dont le chou), chez des femmes carencées en iode, augmentait le risque de cancer de la thyroïde.
Les chercheurs expliquent que l’association “faible iode + excès de goitrogènes” peut surstimuler les cellules thyroïdiennes, entraînant une croissance anormale et, à long terme, un risque tumoral accru.
Cela ne signifie pas que les personnes atteintes d’hypothyroïdie doivent bannir le chou de leur alimentation.
La modération est la clé : deux à trois portions cuites par semaine ne posent généralement pas de problème, surtout si l’apport en iode est suffisant. De plus, la cuisson à la vapeur, à l’eau ou au four réduit considérablement la teneur en goitrogènes, rendant le chou beaucoup plus sûr pour la thyroïde.
Les atouts nutritionnels du chou

Le chou est riche en caroténoïdes, puissants antioxydants qui protègent nos cellules des radicaux libres et favorisent la régénération de la peau.
Il apporte aussi de la vitamine C, essentielle pour le système immunitaire, et de la vitamine K, indispensable à la coagulation sanguine et à la santé des os.
Ses composés soufrés possèdent des propriétés antimicrobiennes et aident à réguler la production de sébum, ce qui peut être bénéfique en cas de peau grasse ou d’acné.
Le chou contient également de l’indole-3-carbinol, un composé végétal capable de moduler le métabolisme des œstrogènes et de limiter la prolifération cellulaire anormale. Des recherches suggèrent un effet protecteur contre certains cancers hormonodépendants comme le cancer du sein et le cancer du col de l’utérus.
Une étude menée conjointement par l’Université d’État du Michigan et l’Institut national polonais de l’alimentation et de la nutrition a montré que les femmes consommant du chou au moins trois fois par semaine présentaient un risque plus faible de cancer du sein que celles qui n’en consommaient qu’une fois par semaine.
En résumé, le chou peut être un allié santé formidable, à condition de connaître ses limites et de l’intégrer intelligemment à votre alimentation.
Doctor Coucou💊
Le chou, c’est un peu comme un bon ami : il peut vous faire beaucoup de bien, mais il faut savoir quand et comment le fréquenter. Si vous êtes atteint(e) d’hypothyroïdie, inutile de le supprimer : contentez-vous de quelques portions cuites par semaine, assurez-vous d’avoir assez d’iode dans votre alimentation et variez vos sources de légumes. La santé, ce n’est pas un aliment miracle, c’est l’équilibre. La prochaine fois que vous achèterez un chou, pensez aussi à la santé de votre thyroïde.



